Speechless
Une histoire de Klaudia et Lilian.
Partie 1
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J’étais couchée sur le lit depuis au moins deux heures, concentrée sur le programme de cours que je devais monter avant la rentrée en Septembre. La fenêtre ouverte devant moi me permettait de laisser mon visage se faire caresser par une petite brise fraîche et cela me procurait un réel bien être vu la chaleur étouffante de la pièce.
Je jetai un coup d’œil au document sur lequel je travaillais et remontai en haut de la quinzième page. C’était un privilège, pour une étudiante de premier cycle, de se voir attribuer un cours. Je compléterais donc une mineure en langues tout en assurant un cours de polonais à une classe collégiale. Le directeur s’était tourné vers moi suite à la forte demande des étudiants qui désiraient apprendre cette langue européenne. Moi-même d’origines polonaises et parlant très bien et couramment la langue, j’avais accepté.
La décision avait été prise sans tenir compte des évènements récents. Quelques semaines après la fin des classes, voir peut être un mois ou deux, je m’étais mise à ressentir quelques malaises et à voir mon métabolisme chamboulé. Heureusement, ce n’était qu’une bonne nouvelle. Il s’avérait que j’étais enceinte et cette annonce nous remplissait de bonheur, Lilian et moi.
Lilian… Il y a si longtemps qu’il prend soin de moi. Nous nous fréquentons depuis l’adolescence et depuis ce temps je suis follement amoureuse de lui sans que rien n’ait pu affecter mes sentiments. Pas même toutes les épreuves que nous avons traversées, même le décès de ma mère peu de temps après notre rencontre.
Immédiatement après l’annonce de sa paternité future, il m’avait demandé de l’épousé ce que je m’étais empressé d’accepter puisque j’étais consciente du courage que la demande lui avait exigé. Nous avions souvent parlé de mariage et je m’étais toujours montrée réticente, ramenant toujours le fait que pour mes parents, ça n’avait été qu’un échec. Mais comment dire non à un homme à genoux, les yeux remplis de larmes de bonheur? Cependant, malgré la bague et les quelques semaines passées, aucun préparatif n’avait été commencé.
Nous avions autres choses en tête. Je devais préparer ce cours tout en m’occupant de mon propre diplôme et Lilian s’apprêtait à entamer son BAC en ingénierie. Mais j’imagine que lorsque la routine serait établie, nous pourrions nous atteler à la tâche… Et l’annoncer à ses parents ainsi qu’à nos amis. Lalya me traiterait de meilleure amie indigne, lorsqu’elle apprendrait que je lui cache ces deux merveilleuses nouvelles depuis près de trois semaines…
Me rendant compte que je venais de passer au moins vingt minutes à somnoler, je relevai ma tête du clavier de mon ordinateur et enregistrai le fichier. Lilian ne tarderait pas à rentrer de sa journée « nous cherchons la voiture parfaite » avec son meilleur ami à laquelle j’avais échappé de justesse en assurant que j’avais totalement confiance en eux.
Je débranchai les écouteurs qui m’empêchaient d’entendre tous les bruits ambiants de mon portable, laissant les notes voler librement dans l’air étouffant de la chambre à coucher. La chanson qui jouait était justement un morceau que j’aimais bien donc je montai le volume en appuyant deux ou trois fois sur le bouton et reposai ma tête sur mon bras qui était allongé au-dessus de moi.
« You leave me speechless, when you talk to me
You leave me breathless, the way you look at me
You manage to disarm me, my soul is shining through
Can't help but surrender, my everything to you »
Je souris doucement en écoutant les paroles si souvent entendues et je ne rouvris les yeux que lorsque j’entendis la porte d’entrée se refermer. Je me levai donc du matelas, fermai l’écran du portable et rejoignis la pièce principal de notre appartement. Depuis près d’un an, Lilian et moi vivions dans un appartement au quatrième étage d’un immeuble. Seuls sur notre étage, nous disposions d’un grand logement lumineux et bien décoré, gracieuseté de ma meilleure amie décoratrice d’intérieur. Lalya venait d’ailleurs tout juste de d’obtenir son diplôme puisqu’elle avait dut mettre ses études en pause à l’arrivée de son fils, Hareton.
Un sourire éclaira le visage de Lilian quand j’arrivai devant lui. Il stoppa sa conversation avec William, le dit meilleur ami, et me serra tendrement contre lui. Je vis très bien qu’il se retenait de poser sa main sur mon ventre puisque nous n’en avions toujours rien dit à nos proches. Je lui souris également avant de saluer William qui me serra aussi dans ses bras.
Me rappelant alors ce à quoi ils avaient occupés leur journée, je me surpris à être toute énervée d’apprendre s’ils avaient trouvé une voiture. Lilian anticipa ma question et sorti une clé de sa poche, me faisant lâché une exclamation de joie. J’avais beau ne pas m’intéresser aux voitures en général, mais MA voiture, ça me concernait. Ni une ni deux, je les contournai pour sortir et appuyer frénétiquement sur le bouton de l’ascenseur. Enfin à l’extérieur, j’ignorai le vent frais qui fouetta mes jambes à peine cachées jusqu’aux genoux par ma petite robe d’été et couru jusqu’au stationnement.
Il va sans dire que la voiture que j’y vis me fit lâcher une nouvelle exclamation. Il s’agissait d’une toute petite voiture européenne, une Volkswagen de couleur blanche et j’en aimai immédiatement l’allure. Les garçons arrivèrent derrière moi et sourirent à mon enthousiasme.
Après une petite balade au risque de nos vies parce que je conduisais et une autre vague d’excitation incontrôlable due aux hormones, nous remontâmes à l’appartement et je m’activai à préparer le souper pour quatre personnes. En fait cinq, mais la cinquième était toujours à l’état de même pas embryon. Je souris en pensant au petit être qui allait un jour nous courir dans les jambes et me remis à la supervision de Lilian qui était une catastrophe ambulante dans une cuisine.
Quelques réprimandes et rires plus tard, nous nous retrouvâmes assis devant nos assiettes. J’avais opté pour un classique poulet à l’orange et cela paru satisfaire tout le monde, particulièrement moi et mon petit ventre. Moi et… Noah. J’aimais bien ce prénom, autant pour une fille que pour un garçon. Je souris encore une fois.
Lalya commençait à se poser des questions et à me trouver un peu étrange. Alors j’avais décidé que je lui en glisserais un mot aujourd’hui… Mais je n’avais malheureusement pas eu le temps… Damnée soit ma meilleure amie trop perspicace. Au milieu du repas, elle avait brusquement posé sa coupe de vin et avait posé ses mains sur la table avec tout autant de douceur.
- Tu es enceinte! Avait-elle crié.
J’avais d’abord levé les yeux au ciel devant sa délicatesse puis je lui avais souris, fièrement. S’en était alors suivi la plus longue soirée de ma vie. Larmes, rires, crises de cris hystériques… Bref, une soirée presque normale avec ma meilleure amie. Mais cela eut de grave répercussion sur mon humeur après son départ.
Épuisée. Voilà le seul mot auquel j’arrivais à penser à part lit et oreiller. J’allai me mettre en boule sur le canapé en fermant avec bonheur mes paupières bien trop lourdes pour ma propre santé. Lilian vint me rejoindre lorsqu’il eut fini de ranger la table et je n’eus même pas la force d’avoir des regrets de l’avoir laissé faire cette tâche seul. Il souleva doucement mes jambes avant de s’asseoir et de les reposer sur ses genoux.
Je rouvris les yeux pour voir son visage et il me sourit. Il est parfait… Et lorsque je remarquai qu’il avait fermé les grosses lumières pour ne laisser que quelques veilleuses dans l’appartement je ne pus m’empêcher de le dire à voix haute.
- Tu es adorable, lui chuchotais-je.
- Juste parce que je t’aime, répondit-il, sur le même ton, comme à chaque fois que je lui faisais un compliment de ce genre.
Il resta un moment silencieux avant de me demander comment avait été ma journée. Avec sincérité, je lui répondis qu’il m’avait manqué et que j’étais content de le retrouver, enfin seuls.
Je sentis sa main venir prendre la mienne et ses doigts retrouver la bague qu’il avait passée à mon doigt en promesse d’amour et que personne n’avait encore remarquée. Je souris en refermant les yeux et le laisser me cajoler durant de longues longues minutes, sans avoir envie qu’il ne s’arrête. Il dut se rendre compte que je dormais à moitié car il finit par se relever et me prendre dans ses bras sous mon exclamation de surprise. Il rit lorsque je m’accrochai à son cou et me déposa doucement sur notre lui.
Il resta un moment debout à côté de moi en se mordant la lèvre. Je savais qu’il débâtait intérieurement de quelque chose mais je ne savais pas de quoi. Mais il dut prendre une décision car il se pencha vers moi pour poser lentement ses lèvres sur les miennes me faisant comprendre à quel point il avait envie de moi. Je glissai mes doigts dans son cou, frôlant la peau douce de sa nuque avant de les glisser dans ses cheveux que j’aimais tant. J’aimais tout de lui. La manière qu’il avait d’agir avec moi, de me respecter, de m’aimer.
Il plongea son regard dans le mien et me parla tout doucement à l’oreille, laissant ses lèvres frôler en frôler la peau sensible.
- Tu es magnifique, me disait-il.
À ce moment-là, comme dans la chanson que j’écoutais plus tôt, je restai sans voix. Je voyais tant de tendresse dans son regard et en entendait tant dans sa voix que cela m’émeus et que je ne pus retenir une larme. Il s’empressa de poser ses lèvres sur ma joue pour faire disparaitre la goutte d’eau salée et sous son regard inquiet, je ne pus rien faire d’autre que d’attirer son visage vers le mien.
- Kocham cie, lui murmurais-je à l’oreille un peu plus tard, juste avant de sombrer dans le sommeil.
And you leave me breathless…
Quand je me réveillai le lendemain matin et que je levai la tête vers le réveil matin, je grognai en me rendant compte qu’il n’était que 6:30 et que c’était bien trop tôt pour un Dimanche matin. J’enfouis mon nez dans le cou de Lilian qui lui, le chanceux, dormait toujours du sommeil du juste.
Mais je me souvins alors de ce qui m’avait réveillée. Un drôle de bruit provenant de mon estomac accompagné d’un très désagréable mouvement… Je me débattis violemment avec les couvertures en oubliant complètement mon pauvre chéri qui dormait encore et me précipitai à la salle de bain, de justesse il faut le signifier.
Soulagée mais de mauvaise humeur, je retournai dans le lit où je trouvai Lilian tout à fait réveillé, complètement à découvert sur le matelas puisque les couvertures trainaient un peu partout sur le plancher traçant un chemin plus ou moins clair vers la cuvette. Il hausse les sourcils en voyant mon air renfrogné et ne posa pas de question, devinant qu’il s’agissait de nausées.
Il tendit un bras pour récupérer un drap et nous couvrit avec lorsque j’eus repris ma place contre lui. J’arrivai à me rendormir un peu et mon deuxième réveil fut beaucoup plus agréable, bien que je n’émergeai pas de mon propre gré.
Je sentais ses doigts glisser sur mon visage, mes épaules, mon ventre, mes cuisses et mes jambes, puis faire le chemin inverse. Je frissonnai autant à son toucher qu’à la brise qui frôla mon corps qui n’était plus recouvert des couvertures habituelles et qui n’était plus à proximité de sa bouillotte personnelle.
Encore un peu chiffonnée de ma nuit trop courte, je me retrouvai en train de déjeuner pendant que Lilian était dans la douche. Il avait laissé la porte entrebâillée ce qui me permet d’entendre très clairement son petit caprice matinal que je ne pus faire semblant de ne pas entendre.
- Tu veux bien me verser un café, Klaudia?
J’allais lui répondre avec une mauvaise humeur tout à fait hormonale qu’il était très bien capable de le faire lui-même lorsqu’il sortit de la pièce en se frottant une serviette dans les cheveux. J’haussai les sourcils en détaillant son torse et je bénis le ciel qu’il ait mit au moins des boxers. Quand il me fit son petit sourire angélique, j’eus presque le souffle coupé. Il était vraiment sexy… Et même lorsque j’étais de mauvaise humeur je ne pouvais m’empêcher de… fantasmer sur mon propre fiancé. Un peu inutile quand même, non?
Reprenant mes esprits, je grognai mon approbation en me levant de mon banc alors qu’il me remerciait et allait se chercher un chandail.
Can't help but surrender…
Je n’avais pu, encore une fois, résister à son charme naturel, comme il aime à l’appeler. Je levai les yeux au ciel en posant sa tasser sur le comptoir avant de me rasseoir devant ma très peu appétissante toast. Il m’embrassa sur le front en venant s’asseoir à côté et j’entendis alors la musique qu’il venait de mettre en marche. Je tournai la tête vers lui en sursautant et il me sourit, encore une fois, angéliquement. Je connaissais très bien cette chanson… Et lui aussi. Il savait que je ne pouvais résister à un si parfait… « I like it »!
Je ne pus retenir un énorme sourire en me laissant aller contre lui alors qu’il m’amenait dans le salon en montant le volume. Je ne pouvais rien contre lui… Il obtenait toujours tout de moi. Alors à quoi bon résister?
My everything to you.
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