Une surprise de la taille d'une maison
Partie 2
Klaudia &; Lilian’s series
Adeluska’s
Je trépignais sur mon siège, attendant Lilian qui verrouillait la porte de l’appartement. C’était notre première sortie à bord de la nouvelle voiture et cela m’excitait toujours autant. Pourtant, j’aurais dut être plus stressée par la destination : nous avions décidé qu’il était temps d’annoncer tout cela à Élizabeth – Lily – et James, les parents de Lilian. Il faut croire que mon cerveau avait décidé de prendre une chose à la fois; d’abord le transport et ensuite les beaux-parents.
Leur réaction allait de toute façon être positive. C’est vrai, que pouvaient-ils avoir à dire? Premièrement sur notre union, qui n’allait même pas les surprendre et ensuite sur le bébé… Pouvaient-ils vraiment refuser d’accepter une telle nouvelle? Aucun doute que non.
Je souris quand Lilian s’installa à côté de moi et fit descendre la fenêtre électrique dès qu’il eut mis le contact. Je poussai ensuite d’un doigt le bouton de la radio alors que mon autre main était occupée à descendre mes lunettes de soleil sur mon nez. Lilian soupira en me voyant lever le volume mais ne fis rien, se contentant de fixer la route.
Eh bien moi, j’avais une toute autre chose à fixer. Je ne me lassais jamais de regarder le visage de Lilian quand il conduisait, ou quand il était tout simplement concentré. J’éclatai de rire lorsque je remarquai qu’il ne pouvait s’empêcher de bouger la tête au rythme de la musique. Il se tourna vers moi, surpris par mon rire. Profitant de son regard sur moi, je me dandinai autant que faire se peut dans une voiture et chantai les paroles de la chanson :
« Late night gonna hit the town
Gonna take you out
Gonna make you glow
Whoa whoa-oh
Midnight Romeo »
Cette chanson était tellement… William! Il aurait presque pu l’écrire, tellement les paroles lui ressemblaient. Ma constatation me fit taire quelques instants et je décidai de changer de chanson pour ne pas trop imaginer ces dites paroles sortant de la bouche de William, même si je les avais sans doute entendues souvent lors de partys.
Entendant les premières notes de la chanson, je vis Lilian lever les yeux au ciel mais je l’ignorai en me contentant d’apprécier MA chanson favorite. De toute façon, il savait que c’était ma préférée et qu’il ne pourrait rien y faire. J’avais souvent essayé de trouver un moyen pour qu’il apprécie plus cette chanson, en vain. Mais… l’intimité que nous permettais la voiture et l’absence d’échappatoire me donna une petite idée. Lorsque son regard se posa sur moi à la lumière rouge, je passai à l’action.
Je lui fis un sourire bien trop aguicheur pour qu’il ne comprenne pas que jouait et dis les paroles avec une voix toute aussi sexy.
« You know I know how
To make em stop and stare as I zone out
The club can't even handle me right now
Watchin you I'm watchin you we go all out. »
To make em stop and stare as I zone out
The club can't even handle me right now
Watchin you I'm watchin you we go all out. »
Je le vis faire de gros efforts pour détourner le regard et je soupirai. Non, ça n’avait pas fonctionné. Il glissa cependant sa main sur ma cuisse, laquelle n’était pas totalement couverte par la robe d’été que j’avais choisie ce matin. Je frissonnai mais, bien sûr, cela ne m’empêcha pas de continuer à chanter le reste de la chanson, mais cette fois-ci, en l’ignorant sublimement, un peu frustrée.
Ses parents n’habitaient pas trop loin et une fois rendus, ma frustration était totalement disparue. Elle avait fait place au fameux stress que j’attendais. Lilian me rejoint de l’autre côté de la voiture, plus rapide que moi puisqu’en simples pantalons. Il me prit la main et ferma la portière dans mon dos.
- Tu sais que ma mère va être hystérique? Me demanda-t-il en riant.
Je le regardai avec un air paniqué et il embrassa mon front pour me calmer.
- Viens (il m’attira vers la porte). Je te promets que ce sera terminé au dessert.
Le mot magique! Il venait de dire dessert et je crois bien que c’est seulement ça qui me fit avancer vers la porte. Il cogna deux coups et entra dans la maison qui nous avait vus passer à travers l’adolescence. Ensemble… Depuis tout ce temps. Et je n’étais même pas proche d’être tannée de lui! La force humaine et féminine, parfois…
L’odeur alléchante m’assaillit aussitôt que je mis un pied dans la demeure. Oh putain… Trop bon! Mon ventre approuva vivement cette exclamation en émettant lui aussi une plainte. Lilian rit, amusé par le bruit.
- Nous avons faim, lui dis-je en riant aussi.
Il me regarda dans les yeux avec ce regard que je ne voyais que lorsqu’il me regardait moi ou mon ventre et je fondis. Ce regard voulait dire tant de choses! Puis ses parents arrivèrent. Mon estomac se tordit, d’appréhension, cette fois, et Lilian m’attira avec lui dans le salon.
Mon fiancé allait ouvrir la bouche mais sa mère le coupa avec un puissant « OH! » aigu et surexcité. Je sursautai et levai un regard vers elle pour voir le sien fixer sur ma main. Bravo maman Eaton! Elle était la première à remarquer la bague sans que nous ayons à dire quoique ce soit.
Elle se jeta littéralement sur moi pour prendre ma main dans la sienne et Lilian dut s’éloigner de moi pour ne pas être propulsé contre le mur par sa tornade de mère. Elle dit plein de choses sans sens à une vitesse ridicule et je ne pus m’empêcher d’éclater de rire. James s’approcha aussi, après avoir saisi les simagrées de sa femme et tapa fortement le dos de Lilian en le faisant grimacer pour le féliciter.
Quand Lily se calma, Lilian marmonna quelque chose (« Mais c’est que ce n’est pas la meilleure nouvelle… ») que je pensais avoir été la seule à comprendre mais quand sa mère et son père se tournèrent vers lui je compris qu’ils avaient aussi entendus.
- C’est que euh… (L’énervement semblait avoir pris le dessus sur lui) Eh bien… Vous allez être grands-parents… finit-il hésitant.
Bien sûr il y eut une nouvelle vague de cris de la part de Lily et James s’approcha de Lilian en lui posant une question qui m’intéressa. Tout en m’efforçant de répondre aux questions de ma belle-mère, j’écoutai la conversation qui se déroulait à côté.
- Tu lui as demandé à cause du bébé? Demanda son père.
- Oui et non… répondit-il. J’imagine que j’aurais trouvé le courage de le faire quand même… Mais ça a été une motivation importante, quand même. Ça a dut être difficile pour elle de me dire qu’elle était enceinte alors j’ai cru que je lui devais bien ça. J’avais droit à ma dose de stress moi aussi.
- C’est énervant, hen? Même si on sait qu’elle va dire oui… Il y a le doute. LE doute.
- Je sais exactement de quoi tu parles, papa. J’te jure que je n’ai jamais eu aussi chaud… sauf peut-être quand tu m’obligeais à aller courir avec toi le matin.
Tous deux rirent et je me concentrai de nouveau sur la femme devant moi. Elle m’obligea à m’asseoir sur le divan et elle-même prit place à côté de moi. Elle me questionna encore sur les premières semaines de ma grossesse : les nausées, le sommeil, la nourriture… Puis elle me parla des mois à venir, du bébé lui-même. Si nous avions des prénoms, chose à laquelle nous n’avions même pas songé. Après un moment, elle m’invita à venir avec elle dans la cuisine pour y vérifier la cuisson du souper. Rougissante, je dus lui avouer un truc.
- C’est que… Je crois que si je m’approche encore plus de cette odeur je vais dévorer le frigo au complet!
Elle se leva d’un bon en s’excusant et en prenant mes mains dans les siennes.
- Oh excuses moi Klaudia! Tu as faim! Tu aurais dû me le dire. Viens! Je vais te sortir quelque chose.
Elle me tira avec elle dans la cuisine et m’y servit un verre de jus avec une assiette de fromages et de raisins. Pour moi toute seule! Je pris un premier morceau que je mâchouillai avec délectation et j’en enfournai immédiatement d’autres tant la sensation était bonne. Oh oui, j’avais vraiment faim. Lilian arriva derrière moi et glissa ses mains dans mon dos. Mais je perçu le stratagème et tentai l’éloignai de moi avant qu’il ne me vole mes fromages… Je le regardai méchamment et il rit sans toutefois s’éloigner.
- LILIAN! Cria une petite voix en entrant dans la cuisine.
Je souris en reconnaissant la chevelure brune-rousse de Kristen, la petite sœur de Lilian. Je regardai avec un sourire attendri Lilian se pencher pour la prendre dans ses bras et la regardai avec amusement chicaner son père parce qu’il ne l’avait pas avertie de l’arrivée de son frère. La fillette de six ans entreprit alors de raconter à Lilian à quel point elle avait hâte d’aller à l’école, la vraie, comme elle disait, et il dût s’asseoir sur le tabouret voisin du mien parce que sinon il n’aurait pas pu tenir Kristen plus longtemps. Elle avait beaucoup de choses à dire, cette petite.
Elle se tourna ensuite vers moi avec un grand sourire que je lui rendis. Elle me demanda si je voulais bien aller écouter son film avec elle et alors que j’allais accepter, James me coupa et dit que j’irais seulement après le souper, que pour l’instant je devais rester avec eux pour parler. J’haussai un sourcil en même temps que Lilian, tous deux ignorants du sujet de la dite discussion. Kristen bouda un peu puis finit par redescendre pour attendre que le souper soit prêt au milieu de ses jouets.
James nous fit signe d’aller nous asseoir à la table et vu le sérieux de son visage, ni Lilian ni moi n’hésitâmes. Je laissai même mon assiette de fromages derrière-moi, c’est tout dire! Quand nous fûmes assis, Lily, qui s’était éclipsée, revint dans la cuisine avec des documents.
Lilian fronça les sourcils quand il vit la page sur le dessus de la pile : une magnifique maison y était illustrée. L’air sérieux de ses parents semblait l’avoir énervé et je compris que je devais être arrivée à la même conclusion que lui. Si Lily et James déménageaient, cela affecterait sans doute Kristen qui rentrait tout juste à l’école et qui n’avait pas besoin d’un changement aussi important dans sa vie. Lilian allait ouvrir la bouche pour exprimer sa désapprobation lorsque son père lui intima le silence d’un mouvement de main.
- Est-ce que cette maison te plait, Klaudia? me demanda-t-il en se tournant vers moi.
Je baissai alors les yeux pour m’attarder sur l’allure de l’habitation en question. La façade était large et haute sans toutefois attirer l’attention par sa grosseur. Il y avait de nombreuses fenêtres entourées de blanc ainsi que des portes de garage et une porte d’entrée plus foncées. Le brun foncé de la toiture s’harmonisait bien avec le vert du vinyle qui recouvrait tout le reste. Il y avait un très grand balcon à peine haut de trois petites marches qui s’étendait sur tout le devant et une partie du côté. Sur l’image, la maison semblait respirer le bonheur. C’était exactement le genre d’endroit que je choisirais moi-même si nous devions déménager.
- Oui… elle est parfaite, répondis-je en gardant le regard fixé sur l’image.
Le visage de Lily s’illumina et James s’exclama avec une bonne humeur que je lui avais rarement vue, même s’il semblait toujours enjoué.
- Tant mieux! Les travaux sont commencés depuis quelques semaines. Une chance que vous vous mariez bientôt, sinon le cadeau aurait été mal expliqué.
Lilian resta choqué et moi, bien je crus avoir mal compris. C’était invraisemblable qu’ils nous offrent une maison comme cadeau de mariage. Même si je savais qu’ils n’avaient aucuns problèmes financiers vu la carrière glorieuse que James avait connu dans le milieu sportif, une maison, c’était vraiment beaucoup. C’est Lilian qui réagit en premier.
- Vous avez fait ça?
Il haussa les sourcils, contrairement au froncement de tout à l’heure. Il semblait totalement scotché et ahuri.
- Oui, répondit Lily, calmement mais avec une pointe de fébrilité dans la voix. Nous nous sommes dit que… vous seriez bien mieux dans une grande maison, surtout si vous vous apprêtez à accueillir le premier membre de la nouvelle génération Eaton.
- Mais papa vient de dire que les travaux sont commencés depuis longtemps!
- Eh bien nous aurions attendus…
- Pffft! se moqua James. Tu n’aurais jamais été capable de te retenir!
Lily leva les yeux au ciel avant de regarder sévèrement son mari.
- C’est…beaucoup, réussis-je à marmonner.
- Tu sais bien que ce n’est pas un problème pour nous, ma chérie, me rassura aussitôt Lily. Contentes-toi plutôt de penser aux couleurs des pièces de ta future maison!
Aussitôt qu’elle eut prononcé ces mots, mon esprit se mit à illustrer des décors plus beaux les uns que les autres, comme s’ils étaient sortis de mes fantasmes personnels. Ma maison… Avait-elle vraiment dit « MA maison »? Mes yeux se reposèrent sur l’image et je pris conscience du cadeau qu’ils venaient de nous offrir. Je m’informai alors de l’avancement de la construction. Sans surprise, c’est James qui me répondit.
- La dernière fois que je suis passé ils étaient en train de mettre le revêtement. Mais l’intérieur n’est pas terminé… Il reste quelques babioles à installer.
- Donc nous… commençai-je avant de me faire couper.
- Vous pourriez emménager d’ici un mois, peut-être deux semaines de plus. Mais vous savez, rien de presse, se hâta-t-il de préciser en voyant le regard noir de sa femme. Ce sera votre maison et vous pourrez en faire ce que vous voulez… Donc déménager quand bon vous semblera.
Il sourit et je souris également. Cette maison était magnifique. Jamais je n’aurais pu espérer en avoir une aussi parfaite. Qui correspondait si bien à mes goûts. Lily répondit à mon interrogation silencieuse en m’expliquant que depuis qu’elle me connaissait, elle avait appris à connaitre mes goûts. Je lui assurai donc qu’elle ne s’était pas trompée du tout et elle m’invita à ouvrir les autres papiers où étaient dessinés les plans de l’intérieur.
Lilian, qui s’était remis de son ahurissement se pencha sur mon épaule, commençant lui aussi à comprendre l’ampleur du cadeau qui nous était offert par ses parents. Nous passâmes un moment à regarder et à discuter à propos de la maison. J’avais récupérer mon assiette de fromages que je grignotais distraitement en en offrant un morceau à Lilian de temps à autre.
Une vingtaine de minutes plus tard, la minuterie du four nous indiqua que le repas était prêt et James déplaça les papiers pendant que j’aidais Lily à placer la table et à servir les assiettes. Lilian était allé chercher Kristen et son regard m’avait annoncé qu’il profiterait d’être seul avec elle pour lui parler du bébé qui arriverait dans sa vie bientôt. Je lui avais simplement fait un sourire encourageant puis il s’était éclipsé. Curieusement, il n’était toujours pas remonté après un long moment et les plats commençaient à refroidir. Je fus alors désignées pour aller voir si tout allait bien.
En arrivant en bas des marches, j’entendis simplement Lilian parler doucement à sa sœur en essayant de réconforter ses pleurs. Kristen semblait vraiment chagrinée…
- Je te l’ai dit… Ce bébé ne prendra pas ta place. Tu es ma sœur et ça ne changera pas, lui disait-il.
Elle leva alors les yeux et m’aperçut.
- C’est vrai? me demanda-t-elle. Vous viendrez quand même me voir?
- Mais bien sûr, lui dis-je avec un sourire rassurant.
Elle renifla et se leva pour venir serrer mes hanches entre ses bras. Je frottai délicatement ses cheveux avant de lui annoncer que le repas était prêt et que c’était en train de refroidir. Lilian se leva d’un bon et courut, littéralement, jusqu’à la cuisine pour se jeter, encore une fois littéralement, sur son assiette. Je ris en entrainant Kristen avec moi.
Après le délicieux souper que Lily avait préparé, Lilian et moi jouâmes à un jeu avec Kristen avant d’aller la border et la coucher. Il était évident que nous pouvions lui refuser cela vu la peur qu’elle avait de nous voir nous éloigner d’elle avec l’arrivée de cet enfant. Quand elle fut endormie, nous descendîmes et James nous proposa d’écouter un film d’horreur qu’il avait loué la veille et qui avait l’air pas mal du tout. Lilian allait refuser en prétextant qu’il était tard mais au fond je savais que c’était parce qu’il se souvenait que je tolérais très mal les monstres et les tueurs. Mais, enthousiaste, j’insistai pour que nous restions pour le film.
À la fin du compte, je n’avais même pas vu la moitié des images parce que j’étais toujours cacher dans l’épaule de Lilian parce que j’étais terrorisée. Les autres semblaient indifférents, pourtant. Je fus soulagée lorsque cette abomination se termina et Lilian eut toute la misère du monde à me faire sortir de la maison pour aller dans la voiture. J’avais soudainement peur de me faire attaquer… Mais il fallait également dire que j’étais à demi-somnolente, ce qui n’aidait en rien ma cohérence.
Arrivés à l’appartement, Lilian me déshabilla pour m’enfiler son t-shirt qui me servait de pyjama alors que je m’accrochais solidement à sa chemise pour qu’il ne s’éloigne pas. Il soupira en m’expliquant qu’il voulait seulement se mettre en pyjama lui aussi et quand il eut réussi, il se recoucha près de moi alors je sanglotais contre l’oreiller. Il caressa ma hanche et mon ventre avec beaucoup de patience en me répétant que ce n’était qu’un film comme il l’aurait fait avec une enfant de cinq ans. Finalement, je m’endormis à deux heures du matin lorsque Lilian s’assoupit également, totalement épuisé. Il venait quand même de déployer toute sa patience pour m’aider à dormir en m’embrassant et en me cajolant… Il fallait lui reconnaitre qu’il avait travaillé très, très, très fort.
Je me réveillai pourtant en sursaut quelques heures plus tard. Pas trop longtemps, cependant. Lilian s’était tourné sur mon en grognant son mécontentement et m’avait écrasée avec son corps. Il caressa doucement mon estomac qui commençait à rebondir un peu et à son contact, je sombrai pour de mon, cette fois-ci. Lilian était vraiment un ange. Il pourrait définitivement me protéger de tous les films d’horreur du monde!
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